Allier 2011 Vichy-Bellerive

Chantier DRAC/SRA n° 6838 Arrêté 2011/08.

Historique:  Une opération de sondage sur des blocs et meules gallo-romains signalés en 2007, lors du relevé du pont romain, a permis de comprendre la présence d’un moulin hydraulique gallo-romain de grande taille à plusieurs roues et tours de meules. La disposition oriente vers un moulin au fil de l’eau, utilisant l’accélération du courant provoqué par l’étranglement des piles du pont.

Il s’agit du premier moulin gallo-romain lié à un pont trouvé en France, deux autres se trouvant en Angleterre et un en Tunisie. C’est également le premier trouvé en rivière en France. Seulement 14 moulins gallo-romains ont été découverts à ce jour en France, et tous sur des bras de rivière asséchés.

Les investigations à mener en 2011 consistent à procéder à des prélèvements de matières sur  3  pieux sélectionnés sur le site du moulin relevé en 2008. Ces pieux sont naturellement hors de la zone d’alignements du pont romain, le but est de dater le moulin. La question étant : Le moulin est-il: antérieur, contemporain ou postérieur au pont daté du 1er siècle ? (voir Vichy 2007).
Etape n°1: Il était important de profiter de la vidange du Lac de Vichy-Bellerive pour procéder à cette opération de prélèvements. En temps normal, le site est sous 3 mètres d’eau avec une visibilité nulle. Toutefois force est de constater que le lit de l’Allier est très fluctuant et en l’espace de 3 ans, les vestiges que nous avions relevés en 2007 et 2008  sont maintenant sous 30 à 40 cm de boue, de limon, de gravier et inversement des blocs inconnus ou non visibles, ont été découverts.

Les conditions de plongée: Temps ensoleillé avec température à peine positive. Un équipement avec bottes-salopettes était largement suffisant mais cela n’a pas forcément rendu la tache d’approche plus aisée. Normalement distant d’environ 150m du bord, la boue a obligé l’équipe à faire un détour par l’aval sur une zone partiellement empierrée pour rejoindre le lit réel actuel de la rivière et ainsi éviter de s’enfoncer jusqu’au genou en progressant dans l’eau. Mais une fois à hauteur des vestiges, le bourbier a commencé avec de l’eau à 2°C !

40 cm de vase et de dépôts divers recouvrent le site.
Malgré que nous soyons à prés d’un kilomètre du barrage, le dépôt d’alluvions est important.
Les déplacements sur le site se sont révélés un peu pénibles, la vase était très collante et lourde
Heureusement, le géomètre venu nous prêter main forte dans sa technicité nous a grandement facilité le travail. En effet le travail sérieux réalisés en 2008 tant par les plongeurs que par ce même technicien pour positionner les pieux, nous a permis de retrouver au centimètre prés les pieux sélectionnés sur le croquis pour être prélevés. L’exactitude du relevé de l’époque était essentielle.
Alors qu’ils n’étaient plus visibles, les pieux avec leurs anciens marquages, sont retrouvés après quelques coups de pelle.
Ces pieux ont traversé les siècles en étant, la plus part du temps recouverts ce qui a permis  leur  longévité  jusqu’à nos jours.
Sans le géomètre, les pieux étaient introuvables dans leur gangue de boue.
Certains d’entre eux sont encore imposants avec encore un diamètre de 30cm, malgré le temps et l’érosion  attestant  l’importance  de l’ouvrage  auquel ils se rattachaient.
Une fois le prélèvement réalisé (environ 200gr de matière), avant de le conditionner, il est important de bien le rincer pour ôter ou diminuer toute pollution apportée par la vase, le limon, les dépôts organiques végétaux et animaux  qui pourraient  nuire à l’analyse.
La différence entre l’échantillon rincé et celui qui ne l’est pas peut engendrer une lecture faussée des résultats du Carbone14. (pollution biologique)
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