Allier 2011 Mariol

Chantier DRAC/SRA n° 6969 Arrêté 2011/16B

Historique : Courant 2010, des plongeurs de Vichy de la Commission archéologie  subaquatique de l’Allier  découvrent un alignement de pieux dans la rivière ALLIER sur la commune de Mariol. Quelques photographies sont réalisées et il est décidé de demander une autorisation de  sondage archéologique, de relevés et d’échantillonnage afin de tenter de connaître la nature de ce dispositif. Les investigations se révèlent dés le départ un peu compliquées car à l’examen de cartes anciennes et de photos aériennes, il apparaît que cet alignement s’est retrouvé à plusieurs reprises tantôt dans le lit de l’Allier, tantôt enseveli  sous terre et inclus dans une parcelle cultivée.  Ces périodes en alternance de séjours aquatiques et séjours « terrestres » ont eu une certaine influence sur les pieux à commencer par leur conservation mais aussi par la disparition de certains d’entre eux rendant difficile l’interprétation de l’installation en l’état. Il est décidé que la datation du bois se ferait par une analyse Carbone 14 pour matérialiser la période de construction de l’ouvrage.
Les plongeurs archéologues bénéficieront sur ce chantier de l’aide très appréciable voire indispensable d’un plongeur géomètre de profession qui viendra sur le chantier avec son matériel  de relevé par satellite (GPS). Cette technique très pointue  va permettre à l’équipe de  positionner  les pieux  entre eux et par rapport au cadastre avec une marge d’erreur de quelques centimètres ce qui n’est pas négligeable dans une zone en ras campagne où il n’existe pas de point géodésique fixe proche.  
La période d’intervention est aussi très favorable aux plongeurs en raison d’un débit très bas de la rivière Allier qui se situe en ce mois de juin 2011 à 23 M3/s alors que d’ordinaire la période habituelle de l’étiage se situe en août avec un débit moyen de 36 M3/s. Malgré cela, il sera constaté que le courant à l’endroit du chantier est particulièrement puissant en raison d’un étranglement du lit ce qui impliquera l’installation de dispositifs de sécurité pour travailler en toute sérénité.
 
Les conditions de plongée: Temps ensoleillé et partiellement  nuageux. Les plongeurs ont dû s’attacher à une ligne vie posée  au niveau des pieux en raison du courant à cet endroit. Impossible de plonger avec les équipements blocs et détendeurs, le force du courant de face faisant fuser les détendeurs. La prospection s’est faite essentiellement en apnée.

Découverte des pieux en 2010, le site est enchevêtré d’embâcles diverses.
Difficile à dire au  premier abord  qu’il s’agit d’un  dispositif créé de  main d’Homme.
Un gros nettoyage du chantier va s’imposer.
Le site en 2011, le débit de l’eau est moins élevé  mais il  a fallu un gros travail de nettoyage de la part de deux plongeurs bien motivés !
Merci à ces mêmes nettoyeur qui ont balisé aussi le chantier et installé les lignes de vie et de sécu pour la mise à l’eau du restant de l’équipe.
Un courant très puissant a rendu l’opération assez sportive et les sécurités mise en place n’étaient pas de trop.
Après la répartition des rôles, mise à l’eau  dans cette zone où il n’y a pas toujours pied et le courant fort omniprésent.
Après un relevé classique avec un décamètre, c’est au tour du géomètre sur le bateau qui installe son GPS pour faire le relevé des pieux un à un en quelques minutes.
La précision de cet appareil permet de positionner les objets avec une marge d’erreur de l’ordre de quelques centimètres.
Echantillonnage sur l’un des pieux , un morceau est prélevé pour être transmis à un laboratoire  pour une analyse Carbone 14.
Echantillon de pieu destiné à l’analyse pour datation.
Un sabot métallique a été trouvé sur le site. Les pieux seraient donc ferrés. On notera également en plus de ce dispositif  que les pieux ont un diamètre actuel d’environ 23 cm malgré l’érosion ce qui augure d’un diamètre initial plus important et donc d’un ouvrage imposant. 

En face des pieux sur la rive droite, il a été découvert deux morceaux de céramiques qui ne sont pas forcément contemporaines entre elles et avec le site des pieux. Elles sont néanmoins intéressantes. La première d’entre elles ressemble à une faisselle ou passoire à fromage. Elle présente des perforations qui traversent l’objet comme l’indique la troisième photo.

 

La seconde terre cuite est plus difficile à interpréter, sa  taille ne permet pas, au premier coup d’oeil, de reconnaître l’usage d’une telle pièce.

 

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